Femme et pompier, c’est possible

Elles sont étudiantes en génie civile ou en relations internationales, mère au foyer, juriste, employée dans l’administration, assistante socio-éducative… et sapeur-pompier volontaire. Le SIS Morget compte un peu plus de vingt femmes. C’est peu si l’on sait que le corps est composé d’environ 350 personnes, mais elles prouvent que c’est tout à fait possible et encouragent vivement d’autres représentantes de la gente féminine à les rejoindre.

Actuellement principalement intégrées dans un détachement d’appui (DAP), car pour la plupart elles ont rejoint le corps récemment, ces femmes sont motivées et ne regrettent pas un instant leur engagement. Mais l’une d’entre elles, Sandra Cavin-Davied, a gravi les échelons et se retrouve aujourd’hui Sergent-Major au sein du Détachement de Premiers Secours (DPS) de l’Organe d’intervention de Denges. Elle a obtenu le permis poids lourds et a eu porté l’appareil respiratoire. « Mon papa était commandant à Gilly et les exercices se faisaient sur notre vieille maison villageoise, étant jeune c’était impressionnant, cela m’intriguait et je voulais essayer, répond-elle à la question de pourquoi elle s’est engagée. C’était également pour l’intégration dans le village d’Echandens lorsque je me suis mise en ménage avec mon mari. De plus, je voulais pouvoir aider au service à la population. »

La tradition familiale est aussi un moteur pour Jehane Michel du DAP Denges: « Je baigne dedans depuis que je suis petite. Mon papa est ancien pompier de Paris et m’a toujours transmis les valeurs qui les rassemblaient. C’était pour moi logique de les rejoindre. » Quant à Stéphanie Uldry, membre du DAP Morges, elle est venue de Suisse allemande, elle a d’abord mis l’accent sur l’apprentissage du Français, puis la présence pour ses enfants et aujourd’hui, il était temps pour elle de s’engager: « J’ai toujours voulu être pompier et comme mon but est d’entrer dans un DPS, c’était le moment de commencer. »

Mais il y a aussi des personnes qui n’ont pas connu ce milieu de volontariat par la voie familiale et qui n’ont pas hésité à rejoindre les sapeurs. « Personne dans mes amis n’est pompier, j’y suis allée par esprit de compétition, admet Charlotte Wahl, aujourd’hui intégrée dans le DAP Morges. Une fois qu’on y est, l’ambiance est géniale. »

La curiosité, l’apprentissage de nouveautés sont parmi les autres points qui ont motivé ces femmes à devenir pompier. « On en apprend tous les jours, autant techniquement que humainement », souligne Elisabeth Zbinden du DAP Vuchi. Pour Anabelle Amsler au DAP Morges, c’est « acquérir des connaissances nouvelles loin du milieu professionnel et rencontrer des gens tous différents, mais avec une même volonté de se rendre utile » qui l’ont décidé à rejoindre le SIS Morget.

Et toutes conseillent à leurs compatriotes féminines qui hésitent, à « se lancer ». « Nous avons cette chance de participer à un beau projet commun, il serait dommage de passer à côté », s’exclame Anabelle Amsler. Emilie Chatelanat relève que « cela permet de voir les bases et d’apprendre quelques astuces pour la vie de tous les jours ».

L’amitié, la convivialité, l’action et l’esprit d’équipe sont parmi les autres facteurs relevés par ces pompiers qui portent à merveille les couleurs du SIS Morget.